Rassemblement et manifestation le 4 décembre 1999 à Rouen

Un rassemblement, puis une manifestation s'est déroulé ce samedi après-midi à Rouen.

Nous étions 150 rassemblés place de la Cathédrale vers 15 heures, un membre du collectif des sans papiers, sous une pluie battante, lut une intervention (voir ci-dessous), après quelques retrouvailles, chants, rythmes et saynètes.

Yvon Robert, maire de Rouen, fit son apparition, sourire crispé... c'était pour visiter le marché de Noël... sis, au même endroit, sur le parvis de la Cathédrale.

La manif, assez tranquille et de bonne humeur, rencontre dans son déroulement le long des voies piétonnes un accueil plutôt complice...

Un peu plus loin : le podium du téléthon, avec star en play back, nous accueille... pour finalement nous jeter ("nous c'est humanitaire, vous c'est politique"(sic)) : quelques personnes présentes rejoignent la manif.

La préfecture nous reçoit grille close. L'appel pour une première assemblée générale est relancé.

Christian.

Intervention du collectif des sans papiers

rassemblement du 4 décembre 1999

Aujourd'hui se déroule à Paris une manifestation à l'appel de la coordination nationale des sans papiers.

Depuis le 17 octobre, nous avons créé un collectif de sans papiers. Nous sommes actuellement 85 sans papiers et notre collectif est ouvert à tous les sans papiers. Tous les jours des sans papiers viennent nous rejoindre.

Nous sommes Algériens, Ghanéens, Kurdes, Libyens, Marocains, Mauritaniens, Sénégalais, Tunisiens, Turcs...

Nous voulons des papiers pour vivre dans la dignité, pour avoir les droits de tout être humain : droit aux soins -au travail -au logement -droit de vivre librement.

Pour la majorité d'entre nous, nous avons fui nos pays pour protéger nos vies.

C'est le cas notamment pour les Algériens, les Mauritaniens et pour les Kurdes pour lesquels l'asile est refusé, ce qui est inacceptable !

D'autres parmi nous sont conjoints de Française ou Français, parent d'enfant Français et n'ont pu avoir le visa pour obtenir un titre de séjour.

Certains d'entre nous, conjoints étrangers résidant en France de longue date, ne peuvent vivre en famille faute de ressources suffisantes ou d'un logement décent. Est-ce que le fait d'être pauvre, chômeur ou Rmiste, doit nous empêcher de vivre avec les nôtres.

Parmi nous se trouvent aussi des sans papiers en France depuis, 10, 15 ans et plus longtemps qui ne sont pas régularisés car la Préfecture n'accepte pas certaines preuves ou certains témoignages attestant de leur durée du séjour.

Parmi les sans papiers en France depuis longtemps et qui ont des attaches familiales, amicales et sociales se trouvent des victimes de la double peine. A cause d'un délit dans leur jeunesse, ces personnes en plus de leur peine sont interdites de séjour en France et condamnées le plus souvent à vivre loin de leurs familles. Pourtant le Ministre de la Justice vient de promulguer une circulaire invitant à ne pas prononcer d'interdiction du territoire pour les personnes ayant des attaches familiales en France.

Parmi nous certains souffrent d'une maladie grave et n'ont pas les moyens de suivre un traitement approprié dans leur pays.

Nous avons besoin du soutien de tous pour obtenir nos papiers et pour refuser la chasse aux faciès, le rafles, les arrestations qui se traduisent par la rétention dans des conditions scandaleuses.

Depuis le 15 octobre, Chevènement a demandé aux Préfets d'intensifier les contrôles et la chasse aux sans papiers, et d'augmenter de manière significative le nombre de reconduites à la frontière.

Nous savons que la lutte sera longue et dure !
Nous sommes déterminés à lutter pour notre régularisation !

Nous vous remercions de votre présence à ce premier rassemblement et vous invitons tous à participer à notre première assemblée générale jeudi 9 décembre prochain à 18h30 - salle A Lambert -située au centre commercial St Sever au 1er étage - Merci beaucoup !

Des papiers pour tous !

Sans papiers, nous voulons vivre dans la dignité !

Français, immigrés, solidarité ! Français, immigrés, égalité !

Chasse aux immigrés, on n'en veut pas !

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